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Apiculture et agriculture

L’activité apicole et agricole


Pollinisation d'un champs d'oignonL’activité apicole valorise majoritairement des territoires exploités par les cultivateurs et les éleveurs et bénéficient des paysages entretenus par ces agriculteurs. Les abeilles peuvent alors butiner afin de collecter nectar et pollen puis produire du miel et autres produits de la ruche. Elles assurent par la même occasion et de manière involontaire la pollinisation contribuant ainsi à la production de nombreuses cultures entomophiles et à la qualité des produits récoltés.


Dans le cadre des productions de semences mais aussi en arboriculture ou en maraîchage, ces interactions se formalisent à travers une prestation de service en pollinisation et une location de colonies d’abeilles mellifères entre un apiculteur et un agriculteur.


L’abeille et les autres insectes pollinisateurs sauvages jouent alors un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité végétale et animale (pour en savoir plus sur la pollinisation, rendez-vous sur notre page "Les grandes étapes de travail en apiculture". Cet échange "donnant-donnant" fait qu’il existe un lien naturel et vital entre les apiculteurs et les autres agriculteurs.

 

Cependant, la simplification des systèmes agricoles et des paysages, associée à une intensification des pratiques peuvent perturber ce lien et altérer le rapport "gagnant–gagnant" qui peut exister entre ces activités. D'une part, des assolements peu diversifiés, la rareté d'infrastructures agro-écologiques sur certains territoires conduisent à un manque de ressource alimentaire en abondance et en diversité, pendant toute la saison pour un certain nombre d’insectes pollinisateurs.

D'autre part, dans leurs conduites habituelles, les cultivateurs et éleveurs utilisent des produits de protection des cultures, des médicaments ou d’autres produits utilisés en élevage et toxiques pour les abeilles (domestiques et sauvages), auxquels elles peuvent être exposées pendant le butinage.

 

Le respect d’un certain nombre de pratiques favorables aux abeilles permet de limiter les risques encourus et de préserver les abeilles.


 

Ce que dit la loi ?

Arrêté du 28 novembre 2003 relatif aux conditions d'utilisation des insecticides et acaricides à usage agricole en vue de protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs

 

Les traitements réalisés au moyen d’insecticides ou d’acaricides sont interdits durant toute la période de floraison et pendant la période de production d’exsudats (par les insectes comme pucerons, cicadelles, cochenilles,…), sur les cultures et peuplements forestiers visités par les abeilles.

Lorsque des plantes en fleurs (adventices par exemple) ou en période de production d'exsudats se trouvent dans une parcelle dont la culture (arbres, vigne, autre plante n’attirant pas les abeilles) doit être traitée par des insecticides ou acaricides, leurs parties aériennes doivent être détruites ou rendues non attractives pour les abeilles avant le traitement.

Des dérogations peuvent être accordées à certains produits. Une mention "abeille" peut alors figurer sur l’étiquette du produit concerné. Cette mention ne signifie en aucun cas que le produit n’est pas toxique pour les abeilles. En tout état de cause, les traitements avec ces produits portant la mention "abeille" doivent être effectués en absence d’abeilles.

voir la page consacrée à la santé des abeilles


Par ailleurs, les bonnes pratiques phytosanitaires imposent d’éviter les dérives lors des traitements (afin d’éviter tout entrainement des produits phytosanitaires en dehors des parcelles traitées), et d’éviter également les dérives lors du semis (afin de limiter l’émission de poussières toxiques lors du semis de semences enrobées avec un insecticide et/ou fongicide). Certains mélanges de produits phytopharmaceutiques peuvent être particulièrement dangereux pour les abeilles, il convient de se référer à l’arrêté ministériel du 7 avril 2010 pour savoir quels mélanges sont interdits en période de floraison et d’exsudation de miellat.


 

Que peut-on faire, au-delà de la loi ?

Des méthodes alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires existent. Elles fondent les principes de la protection intégrée des cultures, de la lutte biologique ou bio-contrôle ou encore des agricultures agro-écologique et biologique, afin de protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs, qui ont un rôle primordial non seulement dans l’environnement mais également en agriculture. Ces méthodes alternatives à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques doivent donc être privilégiées.


Pour en savoir plus :

Consultez l’arrêté du 28 novembre 2003 en intégralité

Consultez l’arrêté du 7 avril 2010 en intégralité

Consultez la page sur la règlementation pollinisateurs du site Internet du ministère en charge de l'agriculture

Téléchargez la plaquette Les abeilles butinent

 

Une révision de l'arrêté du 28 novembre 2003 est actuellement en cours afin de lever le manque de précision de l'arrêté actuel, en particulier sur les termes "en dehors de la présence des abeilles" et d'envisager comment la restriction des plages horaires pour l'épandage des produits concernés peut être mise en place.

voir la page consacrée à la santé des abeilles


 

Mieux se connaître pour mieux coopérer

L’apiculture est une profession agricole étroitement liée aux autres branches de l’agriculture. Or, le monde agricole en général ne connaît que peu ou a perdu connaissance du rôle essentiel de l’abeille mellifère en particulier, son environnement et ses actions bénéfiques. Afin d’ouvrir le dialogue et permettre aux apiculteurs et aux agriculteurs de France de mieux se connaître, de nombreuses actions ont été mises en place. Notamment :

  • des journées d’échanges organisées par certaines ADA (renseignez-vous auprès de l’ADA de votre région afin de connaître ses actions dans ce domaine. Pour trouver votre ADA, consultez la carte de notre réseau ;
  • mise en place de Beewapi.com : une plateforme de mise en relation entre apiculteurs et multiplicateurs de semences oléagineuses (lien vers le site de Beewapi) ;
  • projet de recherche INTERAPI (Casdar 1176 – 2012/2014) piloté par l’ITSAP-Institut de l’abeille et impliquant de nombreux partenaires, qui vise à évaluer l’intérêt des cultures intermédiaires mellifères (CIM) sur les colonies d’abeilles en période de pré-hivernage dans des territoires de grandes cultures (pour en savoir plus, consultez le site Internet d’INTERAPI) ;
  • organisation d'ateliers participatifs originaux par l’ITSAP-Institut de l’abeille, en partenariat avec l’INRA et les acteurs locaux. Initiés dans le cadre du projet INTERAPI (région Centre), ces ateliers se poursuivent avec le projet DEPHY-Abeille (Programme ECOPHYTO) en région Poitou-Charentes. Le principe ? En petit comité, céréaliers, éleveurs et apiculteurs jouent leur propre rôle autour d’un plateau de jeu commun qui représente leur territoire de vie. Tous échangent en argumentant leurs besoins pour produire céréales, miel et fourrage. En simulant des situations réelles, ces ateliers permettent de faire émerger des questionnements chez les participants autour des liens qui unissent leurs activités tout en faisant émerger des idées de pratiques favorables à une coexistence intelligente et compatible entre ces acteurs d’un même territoire. (pour en savoir plus, contactez l’ITSAP-Institut de l’abeille)

 

Toutes ces actions visent à mettre en lien apiculteurs et autres agriculteurs. La clé d’une bonne entente et d’une meilleure connaissance entre apiculteurs et agriculteurs reste le dialogue !


 

Exemples de pratiques agricoles favorables aux abeilles mellifères et autres insectes pollinisateurs

 

Renforcer et diversifier

les ressources mellifères

Pratiques alternatives 

aux intrants de synthèse

Diversifier les assolements
en intégrant des cultures mellifères

Favoriser la fertilisation organique
à la fertilisation minérale

Allonger les rotations (avec introduction de légumineuses)

Introduire des légumineuses dans les rotations et en mélange dans les cultures
(notamment céréales-légumineuses) et les prairies, et maintenir jusqu'à la floraison

Implanter ou maintenir des infrastructures agroécologiques sur son exploitation
(haie composite mellifères, bords de champs fleuris, bandes tampons…)

Couvrir les sols toute l’année (cultures intermédiaires mellifères, jachères mellifères, cultures sous couverts)

Implanter des bandes enherbées avec des espèces mellifères en inter-rang des cultures pérennes

Pratiquer l’agroforesterie (avec des espèces mellifères dans la rotation et dans la composante arborée)

Mettre en place un couvert au sol,
sur la ligne de plantation, ou en surface
(bois raméal fragmenté, mulch, copeaux, paillage…)

Préserver les zones non cultivées
de toute application phytosanitaire

Prendre des mesures prophylactiques
pour briser le cycle des ravageurs

Accroître la part de prairies dans l’exploitation

Mettre en place des plantes ou des bandes de plantes répulsives ou attractives pour les ravageurs

 

Pratiquer le désherbage mécanique

 

Avoir recours à des produits de biocontrôle
(macro-organismes auxiliaires, micro-organismes, substances naturelles…)

Source : Fabrice ALLIER - ITSAP-Institut de l’abeille

 

Pour en savoir plus sur le sujet, consultez le site Internet de l’ITSAP-Institut de l’abeille

Téléchargez la fiche technique Concilier productions apicoles, service de pollinisation et productions végétales et animales dans le cadre d’un GIEE éditée par l’ITSAP-Institut de l’abeille sur le site de l’ITSAP-Institut de l’abeille

Téléchargez le guide "Pratiques agricoles & protection des insectes pollinisateurs" réalisé par les Chambres d'agriculture de Poitou-Charentes et l'ADA PC